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Le SIAAP, 1ère entreprise publique pour l’assainissement


Rencontres sur le Futur de l’Eau avec Monsieur Serge Lepeltier, Ministre de l’Ecologie et du Développement Durable (2005)


Lancement du scénario C (2000)


En savoir plus sur l'eau à Paris


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Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne (SIAAP) - Cliquez sur l'image pour rejoindre le site

Rencontres organisées par le Syndicat Interdépartemental pour l'Assainissement de l'Agglomération Parisienne
Paris, le jeudi 23 novembre 2006


4ème rencontre sur le Futur du l’Eau

L'eau et l'assainissement en Ile-de-France
de l'enjeu régional au défi européen











Discours du Directeur général du SIAAP, M. Daniel DUMINY :


J’ai l’honneur d’ouvrir ces 4ème rencontres sur le future de l’eau et la joie d’accueillir Monsieur le Président Huchon, Monsieur Santini, Ministre, Président du Comité de Bassin, Monsieur Oudin Sénateur, Madame Constantin Adjointe au Maire de Paris, Mesdames et Messieurs les élus, chers partenaires, chers amis.
De l’enjeu régional au défi européen, notre objectif aujourd’hui est avant tout cette rivière que les Franciliens aiment et que le Siaap s’évertue à protéger tous les jours. Ce fleuve sur lequel nous nous trouvons aujourd’hui, sur cette péniche, en plein coeur de Paris, est fragile et dans le même temps doit demeurer un atout considérable pour le développement économique et touristique de notre région et de toutes les régions qu’il traverse à l’aval de Paris.

A quoi est due cette fragilité ?

Plusieurs facteurs que je voudrais rapidement éclaircir.
  • La concentration de la population, près de 12 millions d’habitants sur les rives d’une rivière dont le débit d’étiage a dû mal à dépasser 100m3/s est sans aucun doute unique en Europe Le poids de l’agglomération parisienne dont le PIB représente plus de 20% du PIB national sur seulement 2% du territoire.

  • Une imperméabilisation des sols qui inexorablement croît malgré une prise de conscience des Maires au début des années 2000. Un simple exemple, l’ensemble des surfaces imperméabilisées du bassin de la Seine qui compte 97.000km2 est de 16.000km2. Pour la seule RIF la surface imperméabilisée est de 520km2 soit plus de 30%. Le taux d’imperméabilisation de 15% en moyenne sur la région peut atteindre 45% pour le département de Hauts de Seine et près de 70% pour la Ville de Paris intra-muros.


  • Un débit faible en comparaison des grands fleuves européens comme le Rhin, le Danube, la Tamise. A l’étiage le Siaap est ainsi le premier affluent de la Seine avec en temps sec un débit rejeté de près de 30m3/s soit le tiers du débit de la Seine à l’aval de Conflans Ste Honorine.


  • La Seine est le fruit de l’activité humaine et présente à ce titre un caractère fortement anthropique qui ne favorise pas le développement de la vie.


Avec nos partenaires la RIF et l’AESN nous avons en 2000 signé un contrat de bassin qui se voulait être la première phase de la reconquête du milieu naturel. De très importants crédits ont été mobilisés à une hauteur jamais atteinte par notre institution et apparemment sans équivalent en Europe. Ces investissements ont été mis au service de l’amélioration de la qualité de traitement de nos usines dans le cadre du principe de traiter mieux, au plus près, la pollution.
  • Doublement de la capacité de Valenton : 600.000m3
  • Colombes : 240.000m3
  • Mise en service de l’usine de Triel sur Seine : 100.000m3
  • Début des travaux de Marne Aval : 70.000m3
Et bientôt le lancement de notre dernière usine La Morée au Blanc-Mesnil en coopération étroite avec le Syctom sur un projet de méthanisation d’un mélange de la partie fermentescible des ordures ménagères, des boues de notre future usine et de déchets verts. Tout cela afin de rééquilibrer nos capacités épuratoires sur le territoire et donc diminuer la capacité d’Achères, avec la démolition des bassins combinés d’Achères III cette année.

Tout un symbole, Monsieur le Président Huchon. En parallèle la pollution des rivières par les eaux de ruissellement en temps de pluie, est devenue une priorité en milieu fortement urbanisé comme le nôtre. De nombreux ouvrages de stockage ont été créés d’autres comme TIMA sont en construction.
Mais comme le montre les deux courbes, l’évolution de notre capacité de stockage ne fait que suivre l’évolution de l’imperméabilisation des sols. En un mot les centaines de millions d’Euros investis limitent les risques de débordement mais peuvent s’avérer complètement obsolètes si l’imperméabilisation continue – le concept d’aggravation zéro doit aujourd’hui être dépassé. L’amélioration des traitements de l’azote et du phosphore est la priorité du Siaap dans le cadre de la directive ERU.

La mise aux normes de l’usine Seine aval est donc fondamentale s’agissant de plusieurs millions d’habitants et est extrêmement urgente. Cette course contre la montre mobilise toutes les forces vives du Siaap, s’agissant de l’usine la plus importante d’Europe. Tous nos efforts donnent des résultats très encourageants. L’oxygène contenue dans la Seine est un très bon indicateur, intégrateur de quasiment l’ensemble des paramètres de la santé de la Seine.

L’oxygène, l’eau, la vie et donc les poissons là aussi les résultats sont spectaculaires. Les 29 espèces aujourd’hui recensées par le Conseil Supérieur de la Pêche le prouvent et bientôt, pourquoi pas, des saumons. Concernant l’impact lié aux rejets d’azote en Seine, l’influence de notre usine d’Achères est significative (courbe noire) au droit du rejet mais aussi sur plusieurs dizaines de km. La mise en service de l’usine de traitement de l’azote dans les prochains jours lors de la venue de Madame la Ministre Nelly Ollin va dans le courant de l’année 2007 avoir une incidence fondamentale (courbe orange).

De la même façon le taux d’O2 qui compte tenu de la présence des composés azotés en Seine décroît de manière importante jusqu’au barrage de pose devrait dès le milieu de l’année 2007 se stabiliser aux alentours de 8mg/l permettant ainsi de gagner 2 classes de qualité d’eau de rivière. Pour conclure l’Ile de France est riche de milieux naturels et de paysages. Pourtant la conquête d’espaces urbains se fait aux dépens de ces espaces naturels. Le mode de développement urbain conduit à une perte de qualité de vie et d’hygiène en zone dense, et favorise la ségrégation et l’apparition des conflits, l’augmentation du coût foncier et la réduction des superficies disponibles par habitant. La ville n’est une conséquence fâcheuse de l’activité mais une nécessité sociale, c’est un espace de communication et de liberté à préserver.

La ville est souvent perçue comme subie car son utilisation génère des nuisances. La construction physique, processus continu de la ville constitue une adaptation permanente et nécessaire. La ville ne se développe pas par hasard, elle est le fruit de décision humaine. On peut regretter que ces décisions ne soient pas forcément coordonnées et perçues dans une vision globale de la Ville, de l’Agglomération.

Le Siaap est ainsi lancé dans une course poursuite afin de lutter contre la pollution engendrée par l’activité humaine, cette forte concentration d’activités économiques, cette imperméabilisation des sols qui se poursuit. Une grande partie du retard va être comblé dès le début l’année prochaine. Des efforts très importants restent à faire, nous en sommes conscients et prêts à relever avec nos partenaires ce défi. Cette responsabilité collective d’une nouvelle urbanité que le Siaap appelle de ses voeux, doit pouvoir s’inscrire dans la mise en oeuvre d’un mode de développement durable qui implique l’invention de nouvelles façons d’utiliser les ressources et l’espace. Le développement économique c’est transformé en risque pour une grande partie des Franciliens, à nous collectivement de faire de ce risque une opportunité porteuse d’espoir.

imperméabilisation des sols dans le bassin de la Seine
Imperméabilisation croissante des sols
Diagramme SIAAP


Répartition des parties contributives aux invesstissemnts
Des investissements ambitieux
Diagramme SIAAP

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Discours de Monsieur Maurice Ouzoulias, Président du SIAAP :


Mesdames et Messieurs les Elus,
Mesdames et Messieurs les Administrateurs du SIAAP,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Permettez-moi tout d’abord de vous souhaiter, à mon tour et après Monsieur le Directeur général, la bienvenue pour cette nouvelle Rencontre sur le Futur de l’Eau.

C’est à nouveau un grand plaisir pour moi, et un honneur pour le SIAAP, de vous accueillir aujourd’hui à l’occasion de ce qui est devenu un rendez-vous important de notre secteur d’activité.

En lançant les Rencontres sur le Futur de l’Eau il y a plus d’un an et demi, j’ai souhaité que le SIAAP prenne toute sa part du débat public sur l’eau et l’assainissement. Hier, en compagnie de Serge Lepeltier, alors Ministre de l’Ecologie et du Développement durable, ou plus récemment avec Gérard Payen et Riccardo Petrella à la veille du Forum Mondial de l’eau de Mexico, nous avons voulu éclairer, avec ces déjeuners-débats, les défis qui se présentent à nous et qu’il nous revient de relever ensemble, dans et hors de nos frontières.

Dans la droite ligne de ces premiers rendez-vous, c’est aujourd’hui un grand honneur pour le SIAAP d’accueillir dans le cadre de nos Rencontres, le Président de la Région Ile-de-France, Monsieur Jean-Paul Huchon.

Parce que, comme l’a rappelé Mexico, il n’y a pas de réponse à un défi global sans une prise de conscience et un engagement responsable au niveau local ;

Parce que l’eau, singulièrement, est un enjeu qui ne souffre aucun faux-fuyant même s’il suscite des débats et parfois des désaccords ;

Parce que le Développement durable est une question de choix de société mais aussi une affaire d’hommes et de femmes engagés qui prennent des décisions et les assument jusqu’à leur terme ;

Parce qu’enfin, on est plus fort pour faire valoir des intérêts communs lorsqu’on a pris le temps du dialogue et de la concertation ;

Pour ces raisons, Monsieur le Président, et parce que ce qui nous rapproche est plus important que ce qui nous sépare, j’ai souhaité votre participation à nos Rencontres sur le Futur de l’Eau et je tenais à vous remercier ici très chaleureusement d’avoir répondu présent à notre invitation.

La Région Ile-de-France est partenaire de notre Syndicat. Elle est même à mes yeux un partenaire capital.

Ensemble, le SIAAP et la Région portent des projets en matière d’eau, d’assainissement et de Développement durable, qui vont bien au-delà de leurs frontières. En effet, lorsque l’on parle de protéger la Marne et la Seine, c’est aussi de l’équilibre écologique de la Manche et de la Mer du Nord dont il est question. De même, lorsque l’on gère, comme le SIAAP, le transport et l’épuration des eaux usées de plus de 8 millions de Franciliens pour l’une des agglomérations les plus denses d’Europe, les conséquences de cette activité dépassent très largement la délimitation du territoire. Voilà pourquoi nous avons voulu que notre Rencontre d’aujourd’hui soit un rendez-vous de prospective qui nous conduise des enjeux régionaux vers un défi européen.

Mais le SIAAP et la Région portent aussi des espoirs, ceux des populations et des générations futures. Je suis sûr, en effet Monsieur le Président, que vous partagez avec nous la conviction d’agir aujourd’hui dans l’intérêt de ceux à qui nous laisserons, demain, une gestion raisonnée et un environnement protégé, symboles d’une nouvelle Culture de l’Eau que j’appelle de mes voeux.

Permettez-moi d’insister sur ce point, dont je sais qu’il vous tient à coeur. Depuis plusieurs années déjà, le SIAAP s’est en effet engagé dans une vraie stratégie de Développement durable, dont certains aspects ne sont pas sans trouver un écho dans votre projet ambitieux d’Ecorégion.

Les faits étant plus forts que les mots, je prendrais deux exemples pour illustrer cette stratégie.
Il y a quelques jours, j’ai eu le plaisir d’inaugurer, aux côtés du Président du Port autonome de Paris et du Président des Voies Navigables de France, un appontement fluvial construit sur notre site Seine aval, à Achères…Un site qui vous est cher lorsqu’on se souvient que vous avez été maire de Conflans Saint-Honorine.

Avec ce port fluvial, nous allons dorénavant acheminer par le fleuve tous les produits nécessaires au fonctionnement de notre station d’épuration. Nous avons fait ainsi le choix d’investir, avec nos partenaires, sur le transport fluvial, au détriment du transport par la route. Dès aujourd’hui, des péniches vont donc remplacer les 3600 camions qui circulaient chaque année sur le site. Ce trafic qui générait évidemment des nuisances de toutes sortes et entamait durablement la qualité de l’air va donc disparaître, permettant ainsi une réduction de plus de 2,5 des émissions de CO2. C’est par des décisions comme celle-ci, à une échelle qui est aussi la vôtre, que nous participons à la lutte contre l’effet de serre et le réchauffement climatique.

Egalement lié à notre site Seine aval, mon deuxième exemple marque aussi la volonté du SIAAP de s’engager concrètement, au travers d’actes forts, sur la voie du développement durable actif. Vous le savez, nous avons lancé la refonte du site d’Achères, c’est-à-dire que nous avons initié un grand programme de modernisation de Seine aval dont l’objectif est, finalement, d’inventer l’assainissement de demain.

Ce projet est un projet “développement durable”. Sans vous imposer la liste complète de ses différents volets, certains d’entre eux sont néanmoins symboliques.

Au premier chef, c’est le délestage de cette station, la plus importante d’Europe, qui est en voie de réalisation. Conformément au Scénario C, auquel la Région Ile-de-France est associé, nous avons en effet décidé d’organiser la baisse de capacité de la station d’Achères.
Elle sera effective avec la mise en route de l’usine de Triel-sur-Seine ainsi qu’avec la prise en charge de plus de 300 000 m3 d’eau supplémentaires par notre station Seine amont. Cette nouvelle répartition des flux sur le territoire est un virage capital qui marque la fin du “Tout à Achères”, et en cela, elle atténue les effets d’une concentration qui n’était plus forcément compatible avec les objectifs qualitatifs et quantitatifs d’un assainissement durable et responsable. Déjà réalisé, le premier signe concret de cette baisse de capacité a été la démolition d’un ensemble de 6 bassins combinés devenus inutiles. Une décision qui doit servir l’amélioration du cadre de vie des riverains de Seine aval.

Nous avons également décidé, dans le cadre de ce vaste projet de refonte d’Achères, d’intégrer à nos réflexions un volet “énergie”, symbole de notre engagement en faveur du développement durable. C’est ainsi que nous allons construire l’année prochaine à Seine aval deux nouvelles turbines à gaz, qui seront mises en service en 2009. Ces équipements contribueront significativement au fonctionnement “en autonomie” de la station, ce qui est un défi capital pour tous les sites industriels.

Vous le voyez, les exemples sont nombreux et concrets.
Il en est un dernier qui renvoie à un volet moins visible peut-être du Développement durable : celui du dialogue et de la concertation, c’est-à-dire du partage démocratique de la décision, avec les élus et les riverains.

Ce grand projet, je souhaite en effet qu’il soit mené avec et dans le respect de tous. L’exigence de qualité et de performance de notre service public, en réponse notamment aux règles européennes, nous ne pourrons en effet l’atteindre que par la mobilisation de chacun. Nous y sommes déjà parvenus, au SIAAP, car ce projet résulte d’un consensus revendiqué par l’ensemble de nos composantes. Je souhaite que la même logique de responsabilité nous permette d’atteindre le même résultat dans nos discussions avec nos partenaires institutionnels.

Au risque de réveiller quelques mauvais souvenirs, je vous dirais en effet que le SIAAP peut beaucoup de choses, mais que le SIAAP, seul, ne peut pas tout. Les enjeux, financiers notamment, sont d’importance et nous serons à même de les assumer si chacun prend sa part du projet. Il en va, vous le savez, de l’héritage écologique que nous laisserons demain à nos enfants, mais il en va aussi de la crédibilité de la France à relever les défis qualitatifs que l’Union Européenne nous impose. C’est là le message que j’entends livrer demain à la Ministre de l’Ecologie et de Développement Durable, Madame Nelly Olin, qui a souhaité venir visiter notre nouvelle unité de traitement des pollutions azotées de Seine aval.

Monsieur le Président, connaissant vos engagements d’hier et votre ambition environnementale pour demain, je sais pouvoir compter sur vous pour être à nos côtés afin de relever ensemble tous ces défis.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie de votre attention et je cède maintenant la parole à notre invité, Monsieur Jean-Paul Huchon.

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Intervention de Jean-Paul HUCHON Président du Conseil Régional Ile de France :


Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerai débuter mon propos par un bref aparté, qui n’est pas sans lien avec le thème de notre rencontre. Hier soir, j’ouvrais le Festival International du Film d’Environnement.
Comme vous le savez, ce Festival me tient à coeur. A la fois parce qu’il souligne l’engagement de la Région Ile de France en faveur du cinéma. Et parce qu’il illustre parfaitement les ambitions de la première éco-région d’Europe. Chaque année, les organisateurs du festival me proposent une carte blanche. J’ai programmé deux films. Deux définitions possibles du futur de l’eau. Le premier film propose tout simplement de s’en passer. C’est Mondovino ! Le deuxième film envisage la voie de la submersion. C’est Waterworld ! Cernés par les éléments, les terriens du futur doivent lutter contre une présence aquatique menaçante. C’est quasiment ce que nous vivons actuellement. La 4ème rencontre sur le futur de l’eau n’embrasse pas de telles perspectives. Les scénarios proposés ici seront moins apocalyptiques. Et quand j’emploie ce terme, je parle bien évidement du deuxième film !

Je vais vous parler de l’eau et de l’assainissement en Ile de France, de l’enjeu régional au défi européen.

La Région Ile de France est pionnière pour :
  • promouvoir une approche territoriale globale,
  • le traitement des problèmes à la source,
  • l’instruction des demandes de subvention en fonction du « service rendu » au milieu naturel,
  • la recherche de techniques alternatives et écologiques pour la maîtrise des ruissellements urbains et ruraux, le traitement des effluents,
  • la politique des berges des voies navigables,
  • la réouverture des rivières canalisées,
  • la récupération et l’utilisation de l’eau de pluie.
La politique de l’eau de la Région Ile de France doit obéir à une approche territoriale globale.
Cette politique a été déclinée en partenariat étroit avec l’Agence de l’eau, au cours de trois contrats cadres. Le contrat de bassin est l’instrument privilégié de cette action commune. Il est conçu comme un vrai projet de territoire lié à l’eau.
En décembre 1999, soit quelques mois après mon arrivée à la présidence de la Région Ile-de-France, nous avons approuvé le contrat de bassin Zone centrale pour la mise en oeuvre du scénario C d’assainissement de l’agglomération parisienne. Ce contrat de bassin spécifique passé avec le SIAAP (2000-2006) vise à déconcentrer l’assainissement d’Achères avec l’installation de capacités d’épuration supplémentaires.

La Région Ile de France a joué et continuera à jouer un rôle moteur dans l’adoption de ce scénario qui impacte la structuration des réseaux et équipements de la petite couronne et la frange de la grande couronne.

La première phase de réalisation de ce scénario arrive à échéance cette année. Ce dossier me tient particulièrement à coeur, tant par sa localisation, étant élu des Yvelines, que par l’enjeu écologique qu’il représente pour notre ambition d’Ecorégion en Ile-de-France.

Les objectifs de la Région sont clairs : la reconquête de la qualité des eaux de la Seine et des milieux aquatiques doit s’inscrire dans une politique de développement durable.

Je viens d’exposer le présent de l’eau.

Quel est son futur ?

L’approche territoriale globale par contrats de bassin doit rester la clé de voûte de l’action régionale dans le domaine de l’eau.

Le principe d’une intervention « lourde » avec le SIAAP doit être maintenu, dans l’objectif de continuer à promouvoir l’accomplissement du « scénario C ».

Se posent cependant un certain nombre de questions ?
  • Quelle position sur l’introduction de l’écoconditionnalité par rapport à la préservation de la ressource en eau ? Quelle place de l’eau dans le futur contrat de projets Etat-Région ? Inondations (grands projets ?), fleuve (berges ?, autre ?), ressources souterraines/superficielles ?
  • Quelle place de la Région dans une réflexion stratégique sur l’eau ?
Ainsi, la Région affectera, lors de notre prochaine commission permanente du 30 novembre, 32 M€, dans la continuité du précédent contrat avec le SIAAP.
Ce contrat pourra être prolongé jusqu’en 2009, si les programmes issus des études en cours (d’actualisation du scénario C et de restructuration complète d’Achères) sont en adéquation avec la politique Régionale et en particulier :
  • Déconcentrer l’épuration en zone centrale où deux sites d’épuratoires (Achères et Valenton) épurent à eux seuls prés de 70 % de la pollution de l’Ile de France : c’est dans cette perspective que s’est toujours située la participation de la Région dans le cadre du contrat de bassin 1999-2006
  • Traiter à la source et mener une politique active de répartition de l’épuration portant sur une ou plusieurs nouvelles stations en zone centrale
  • Privilégier les solutions préventives aux ajustements curatifs tout particulièrement pour la maîtrise des ruissellements afin de limiter les surverses d’eaux unitaires par temps de pluies vers la Seine
  • Développer un cadre contractuel de tarification conduisant à maîtriser durablement des apports d’eaux parasites et pluviales dans le réseau du SIAAP.
  • Favoriser l’aboutissement des projets du SIAAP de Marne Aval (marché adopté) et de la Morée pour lesquels la Région apporte une aide financière
Le SDRIF tel qu’il sera proposé par la Région vise à contribuer, en cohérence avec le schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), par des actions d’assainissements liées à l’aménagement et à l’urbanisme, aux exigences de reconquête de la qualité des cours d’eau.

La responsabilisation des acteurs locaux est un élément tout aussi essentiel tout comme l’obligation d’agir de manière équilibrée sur l’ensemble des acteurs et des actions qui peuvent concourir à l’amélioration de la qualité des milieux (équilibre entre Collectivité, industrie, agriculture, ..., et entre actions : épuration, collecte, milieux, biodiversité, rôle sociétal de l’eau...)

La Région ne sous-estime pas les difficultés qu’il y a dans le domaine urbain pour rendre effectif le traitement à la source et pour créer des stations locales de traitement.
La boite à outil du SDRIF devrait à cet égard proposer des exemples concrets à suivre.
Notre objectif est bien la déconcentration d’Achères et la volonté de mener une politique active de répartition de l’épuration portant sur une ou plusieurs nouvelles stations en zone centrale.

Au niveau international, nous devons agir pour donner à l’eau le statut de bien public mondial, et la sortir, comme la santé ou l'éducation, de la marchandisation du monde. Nous devons élaborer un plan mondial de l’eau financé par des fonds structurels mondiaux, permettant la réalisation des investissements nécessaires dans les pays en incapacité de les réaliser seuls.

Au plan européen, la prise en compte de la problématique de l’eau depuis près de trente ans (les premières directives datent des années 70), a permis de progresser, en particulier avec la directive cadre du 23 octobre 2000. Toutefois beaucoup reste à faire, notamment en termes de cohérence avec d'autres politiques et tout spécialement la Politique agricole commune.

En France, le gouvernement présente aujourd'hui une loi qui ignore la nécessité de faire des économies et de lutter contre les pollutions et de plus, recentralise la politique de l’eau au moment même où l’Union Européenne impose à ses membres la mise en place d'une politique de décentralisation intelligente analogue à celle réussie chez nous dès la loi de 1964, renforcée par la loi de 1992, par la création des agences de bassin puis des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux.

Nous devons avoir une vision d’une autre politique fondée sur trois axes :
  • une transposition de la directive cadre européenne 2000/60/CE préalable à toute nouvelle loi nationale;
  • l'instauration d'une tarification environnementale de l’eau, comportant un droit incompressible d’accès à l’eau, une tarification progressive et des tarifs différenciés suivant les usages; ceci nécessite, comme nous l'avions proposé dans le projet de loi Voynet de 2000, la mise en place d'une instance nationale de contrôle du service public de l’eau pour garantir l’équité d’exercice du service et la cohérence du prix de l’eau sur tout le territoire;
  • enfin, en vertu de l’Art. 4 de la Charte de l’Environnement, l’application du principe pollueur-payeur à toutes les pollutions et donc également aux pollutions diffuses azotées et aux pesticides.
Pour conclure, vous le savez tous, la gestion des eaux est une question qui dépasse le seul cadre de notre région. Le développement durable est une affaire collective qui nous concerne tous. 3

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